L'ORGUE CLASSIQUE - DU VENT

Jusqu'au XIXème siècle, la production du vent fut assurée exclusivement par des soufflets actionnés par des aides, soit aux pieds (voir croquis ci-dessous), soit à la main (voir second croquis ci-dessous) et montés en série sur un canal hermétique, généralement en bois, nommé « porte-vent ». Ce dernier distribuait directement le vent aux « sommiers » chargés d'équilibrer la pression et de la répartir entre les tuyaux. La pression était assurée soit par le poids du souffleur lui-même, soit par des plombs judicieu­sement calculés.

Souffleurs à pied
Souffleurs à pied

Au XIX ème siècle, on intercala entre le collecteur et les sommiers un ou plusieurs réservoirs (sortes de boîtes à fonds parallèles reliés par des plis de peau) qui pouvaient contenir plusieurs mètres cubes d'air. De nos jours, grâce aux ventilateurs électriques puissants, il n'est plus nécessaire de posséder d'importantes réserves d'air comprimé.

Coupe transversale d'un orgue : soufflerie, console, sommier. Soufflets cunéiformes actionnés à la main

Coupe transversale d'un orgue : soufflerie, console, sommier. Soufflets cunéiformes actionnés à la main.

La question de la pression est très complexe. On peut bien dire brièvement que les pressions fortes sont favorables au « bruit » (intensité), les pressions modérés au « son » (qualité). Les plus fortes pressions, surtout dans certains instruments germaniques ou anglo-saxons, atteignent 350 mm d'eau au centimètre carré. Les plus faibles, dans les orgues modernes, sont de 30 mm. Les plus courantes à l'âge d'or classique variaient de 60 à 100 mm. Pour assurer l'indépendance des différents plans sonores (jeux) et leur stabilité il y a intérêt à diviser le vent, c'est-à-dire à multiplier les réservoirs et par consé­quent les porte-vents et les sommiers - et cela d'autant plus que le nombre des tuyaux est important.

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