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HISTOIRE DE LA FACTURE D'ORGUE L'orgue a été largement répandu au Moyen Age sous forme de petits portatifs, ou de « positifs » (instruments plus lourds « posés » sur pieds). Evocations poétiques, enluminures, sculptures et vitraux en rapportent d'abondants témoignages. Le premier orgue utilisé comme instrument d'église est sans doute celui de Saint-Savin-en Poitou (827). Dès le Xème siècle, tous les genres de tuyau apparaissent. Il reste de nombreux vestiges d'orgues de l'époque gothique mais aucun instrument intact pour la période qui va de Louis XI à Louis XIII. L'AGE D'OR (XVIème-XVIIème) L'esthétique diffère entre pays protestants et catholiques : chez les protestants, l'orgue doit avant tout introduire, accompagner et conclure le chant par voix humaine des chorals luthériens : l'accent est mis sur l'ampleur et la variété des jeux de fond. Chez les catholiques, l'orgue alterne avec la schola (chorale) dans un rôle de soliste qui demande des jeux brillants et éclatants. Il s'ensuit que dans les pays du Nord on insiste sur les fonds et les fournitures, alors que les orgues français et espagnols sont riches en mutations colorées et en jeux d'anches. Les plus célèbres facteurs d'orgue de l'époque classique sont en général de véritables dynasties : Schnitger (l'orgue de Zwolle), Müller (Haarlem), Juan Gaytan (Tolède), Don Pedro de Liborna Echevarria (Salamanque), Gabler (Weingarten), Riepp (Otobeuren). En France, on peut nommer les Thierry (Notre-Dame de Paris), Moucherel (Toul, Narbonne), Lefevre (Rouen), Isnard (Saint-Maximin), Clicquot (Poitiers), Lépine. La famille Silbermann issue de Saxe eut une branche restée en Allemagne - Gottfried fut le facteur préféré de J. S. Bach - et une branche alsacienne. LE ROMANTISME Après la tourmente révolutionnaire où bien des orgues de France furent détruits, spoliés, Aristide Cavaillé-Coll s'illustre en construisant en 1841 l'orgue monumental de l'église abbatiale de Saint-Denis (ainsi que ceux de Notre-Dame de Paris, la Madeleine, Nancy, etc.). Respectant la disposition et l'harmonie classiques, il améliore l'alimentation en vent pour différencier les pressions selon les besoins. Répondant à la demande des défenseurs d'une musique concertante dans le style des nouvelles symphonies, il introduit la famille des jeux dits « gambés » qui, plus étroits que les autres, donnent l'impression d'un jeu de cordes, et multiplie l'emploi des harmoniques.
Aristide Cavaillé-Coll L'ORGUE CONTEMPORAIN On peut dater du congrès international de Strasbourg en 1932 la renaissance de l'orgue classique. L'impulsion fut donnée par l'école alsacienne, en tête de laquelle il faut nommer le Dr. Albert Schweitzer, le chanoine Mathias et surtout le professeur Emile Rupp (mort en 1948). Victor Gonzalès, ancien harmoniste de Cavaillé-Coll, représente en France ce qu'on appelle l'orgue néo-classique, faisant une synthèse de l'orgue classique français et de l'orgue romantique. L'innovation essentielle est l'emploi de l'électricité pour le tirage des registres, la préparation à l'avance de plusieurs registrations, parfois aussi la commande des notes, ce qui permet d'avoir des consoles mobiles parfois très éloignées du corps principal. En France, la dernière mode organistique consiste à protéger les rarissimes instruments historiques. De tels témoins - citons les Silbermann d'Ebersmünster et de Marmoutier, l'orgue d'Isnard à Saint-Maximin-de-Provence, le Clicquot de Poitiers et quelques dizaines d'autres merveilles - doivent être entretenus avec scrupule, témoins indispensables pour retrouver fidèlement la littérature écrite pour eux. L'orgue de la Grande-Eglise Saint-Bavon à Haarlem (Pays-Bas). L'un des chefs-d'oeuvre de l'époque classique de l'orgue, construit en 1735 à 1738 par Christian Müller. Cliquer sur l'orgue pour le voir en couleur... Tous droits réservés © 2004-2006 |