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UN ANCETRE DE L'ORGUE CLASSIQUE : L'HYDRAULE Depuis le IIIème siècle avant J.-C., l'orgue est un instrument complexe, tout à fait particulier, qui comporte à la fois :
UN DES TOUT PREMIERS FRUITS DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE La naissance du premier ancêtre de notre orgue classique peut être datée et attribuée avec une quasi-certitude. Elle remonte à la première moitié du IIIème siècle av. J.-C., cette époque où faillit naître la civilisation technique. Pendant qu'à Syracuse Archimède criait sans doute « Eurêka » pour avoir découvert une loi essentielle de la mécanique des liquides, c'est à Alexandrie, la plus grecque des villes hellénisées d'Egypte, que l'ingénieur Ktésibios prenait conscience de l'élasticité de l'air et lui trouvait une série d'applications pratiques : pompe à cylindre, horloge à eau, orgue hydraulique ou « hydraule », etc. Ce dernier doit davantage, semble-t-il, à des préoccupations scientifiques qu'à un souci proprement musical. Il résulte de la synthèse du syrinx (rangée de tuyaux sonores d'inégales longueurs donnant à l'origine une modeste gamme) avec quatre éléments nouveaux : - soufflerie (à pompe), - régulation hydraulique du « vent », - jonction de ce vent avec des tuyaux par l'intermédiaire d'une caisse (sommier), - système mécanique composé d'une commande (clavier), d'une glissière obturatrice et d'un ressort de rappel. Un cinquième élément fut introduit très tôt, sinon par le même inventeur, au plus tard dès le premier siècle av. J.-C. Il s'agit du système de commande par quadrillage, permettant de juxtaposer des séries parallèles de tuyaux. Il semble que ce système, perdu par le haut Moyen Age, ait été redécouvert par la facture d'orgue classique, mais inversé. LE MECANISME C'est grâce à Héron d'Alexandrie (IIIème siècle av. J.-C.) que le mécanisme nous est connu. LE VENT : la soufflerie comporte deux éléments : - une pompe à cylindre fonctionnant avec un grand levier. D'après l'iconographie ancienne, l'hydraule a toujours deux pompes. Souvent de jeunes garçons les actionnent. Parfois, l'absence de souffleurs représentés donne à penser qu'un système de pédales actionnées par l'organiste avait été imaginé : les pompes restent régulièrement représentées de part et d'autre de pnigée. - un réservoir régulateur de pression fait une cloche (ou « pnigée ») alimentée en air à sa partie supérieure par la pompe et immergée dans un bac rempli d'eau. Par la base de la cloche l'eau peut entrer et sortir, comprimant ainsi l'air qui n'a d'autre issue (l'arrivée étant fermée par une soupape) que de s'échapper vers le sommier. LES TUYAUX : la place est prévue pour sept tuyaux ; les tuyaux doivent être différents pour produire des sons différents. D'après l'iconographie ancienne, l'orgue antique semble en avoir compté généralement plus de sept. On n'est pas très bien renseigné à leur sujet, mais on sait que la science acoustique était déjà très avancée, notamment depuis les travaux mathématiques de Pythagore (IIéme siècle av. J.-C.). L'instrument devait être pourvu, selon l'usage qui lui était destiné, de tuyaux « à bouche » (de sonorité douce) ou « à anche » (beaucoup plus puissant).
LES TRANSMISSIONS : chaque tuyau est inséré sur un conduit dont l'ensemble joue le rôle du « sommier » actuel, qui répartit le vent (Lettre B ci-dessus). A droite une série de crochets figure le clavier. Le dispositif d'obturation fait l'objet d'un croquis à part vu dans le sens longitudinal (voir croquis ci-dessus en haut à droite) : une planchette dite « plinthide » coulisse dans le conduit à air, ouvrant et fermant l'accès selon la position de la touche qui agit sur un levier à ressort auquel elle est liée par un lien exactement tendu et solide, en « nerf ». La disposition d'ensemble des plinthides apparaît sur la photo ci-dessous qui représente les vestiges réels d'un petit orgue à soufflets trouvé à Aquincum près de Budapest, et daté de 228 de notre ère :
LES MATERIAUX : Probablement airain (bronze), bois, cuir pour les soupapes et les soufflets. Le problème des fuites d'air a dû préoccuper grandement les constructeurs antiques. Tous droits réservés © 2004-2006 |