L'ORGUE CLASSIQUE - DES TRANSMISSIONS : LE SOMMIER

On appelle « sommier » un assemblage fort compliqué de pièces de bois (voir photo ci-dessous) qui porte les tuyaux d'orgue et leur distribue le vent selon les désirs de l'organiste.

CONSTRUCTION D'UN SOMMIER :

- On fait d'abord un plan (en grandeur réelle) des tuyaux vus en coupe transversale au niveau de leur plus grand encombrement : ils ne doivent pas se gêner pour que le son se répande sans obstacle. Quelques tuyaux trop encombrants peuvent être « postés », c'est-à-dire placés hors du sommier (par exemple sur la façade) reliés à lui par autant de petits porte-vent individuels. Longueur et largeur sont déterminées par la place disponible dans le « buffet », le nombre de jeux et le nombre de notes.

- Cadre et notes : aux dimensions prévues, le facteur fabrique un cadre de bois de chêne (A, B) où s'inscrivent parallèlement et dans le sens de la largeur autant de barres de bois (moins une) qu'il y a de notes à faire parler ; les intervalles entre elles forment des couloirs nommés « gravures » qui reçoivent le vent par une soupape et peuvent être mis en communication avec tous les tuyaux d'une même note. Barres (ou « barrages », F) et cadre doivent affleurer très exactement aux mêmes surfaces pour permettre des fermetures hermétiques. Une mince planche clouée et collée («table du sommier » : G) couvre la face supérieure de l'ensemble. La face inférieure est fermée par un parchemin soigneusement collé et protégé par une planche, sauf sur la surface occupée par la laye.

 

Sommier d'un orgue

Construction d'un sommier. En bas, vue perspective rendant visibles les divers éléments. Au fond, trois tuyaux "postés". En haut, coupe transversale de la laye, montrant les soupapes (L), le mécanisme de tirage et le ressort de rappel.

- Laye et soupapes : On nomme « laye » une caisse hermétique fixée sous le sommier et occupant toute sa longueur, sur une largeur calculée selon la quantité de vent nécessaire à l'alimentation des tuyaux. Elle affleure du côté accessible du sommier où elle est fermée par des «tampons de laye » facilement démontables. Elle reçoit de la soufflerie le vent comprimé à la pression choisie. Un ensemble de soupapes de bois garnies de peau ouvre et ferme l'accès des « gravures » sur impulsion d'une mécanique de tirage reliée au clavier et ramenée par un ressort. Divers systèmes permettent d'éviter les pertes de vent au niveau des tiges de tirage.

- Registres et jeux : Au-dessus de la «table du sommier », perpendiculairement aux barrages, de fines règles de bois (« registres » : K ) coulissent entre des « contre-registres » fixés sur la table. Chaque registre correspond à une série de tuyaux couvrant une gamme dans un «timbre » donné : c'est ce que l'on nomme un « jeu ».

- Chape et faux sommier : Reste à couvrir l'ensemble d'éléments fixes capables de supporter les tuyaux : ce sont les chapes, directement fixées aux contre-registres et le faux sommier maintenu 12 cm plus haut par des pilotes de bois.

- L'opération finale est très délicate : percer les trois étages chapes, registres et table en respectant les diamètres utiles selon la quantité de vent demandée. Certains jeux comportent plusieurs tuyaux par note. En ce cas les chapes seront elles-mêmes « gravées », le large trou inférieur correspondant à plusieurs petits trous supérieurs. Les trous supérieurs des chapes seront fraisés et noircis au feu pour éviter l'action corrosive du tanin du bois sur l'étain des tuyaux.

Vue perspective de l'intérieur d'un orgue

Vue perspective de l'intérieur d'un orgue.

On peut se faire une idée de la complexité de l'instrument. En réalité, il n'y a pas deux orgues semblables, la disposition étant en fonction de la taille, du nombre de tuyaux, de la place disponible et de l'acoustique de la salle.

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